Le Collège central vote pour une “ nouvelle compréhension ” sur le vote
par Keith et Becky Walker
Imaginez
que vous soyez brutalement battus par des représentants du gouvernement parce
que vous estimez que Dieu préfère cela plutôt que de vous voir participer à une
élection politique. C’est ce que croient les Témoins de Jéhovah, car c’est
précisément ce qui s’est passé au Cameroun au printemps 1970.
Dans son
numéro du 1er décembre 1970, La
Tour de Garde nous parle de cette affreuse persécution. Un article intitulé
“ Le Cameroun dit ‘ non ! ’ à la liberté des cultes ”
décrit comment les Témoins de Jéhovah camerounais ont été battus, affamés,
arrêtés, emprisonnés, torturés et astreints à de durs travaux à cause de leur
refus de participer à des élections politiques. L’article dit que “ les témoins s’abstiennent de
participer à la politique dans tous les pays du monde ” à cause de
leur “ conscience éduquée par la
Bible ” et de leur “ position
fondée sur la Bible ”(pp. 732, 734, 735). Ce qui est décrit dans cet
article ressemble énormément à ce qui eut lieu dans les camps de concentration
nazis. Les Témoins de Jéhovah qui endurèrent cette persécution pensaient
honorer Dieu en obéissant à son organisation. Leur loyauté a été trahie trente
années plus tard par une petite chiquenaude qui poussa en avant une
“ nouvelle compréhension ” (le prétexte utilisé par la Société
Watchtower pour introduire un changement doctrinal). Avant d’examiner ce nouvel
enseignement, voyons de façon précise ce que la Société Watchtower a dit par le
passé au sujet du vote.
Durant
toute leur histoire, les Témoins de Jéhovah ont eu interdiction de participer à
la politique. Pour eux, lorsque Jésus dit : “ ils ne font pas partie
du monde, comme moi je ne fais pas partie du monde ”, cela signifie que
Dieu ne veut pas — de manière absolue — que ses serviteurs se mêlent à
“ ce monde ” (Jean 17:14). Ils se doivent de reconnaître Jéhovah
Dieu, et non quelque gouvernement terrestre, comme leur seul Chef. La
participation à la politique, et particulièrement le fait de voter, a été
qualifiée de péché passible d’exclusion. (“ Prenez
garde à vous-mêmes et à tout le troupeau ” [Livre réservé aux seuls
anciens et dont — normalement — personne d’autre ne connaît le contenu. — N.d.T.], édition anglaise de 1977, pp.
57-59 ; voir aussi l’édition française de 1991, pp. 101, 140.) Un Témoin
de Jéhovah exclu est entièrement mis de côté par sa famille et ses amis ;
il est considéré comme mort.
Au cours
des 30 dernières années, la Société Watchtower a dit de nombreuses fois que le
fait de voter était une offense faite à Dieu. Dans La Tour de Garde du 1er décembre 1989, p. 14, la Société
déclare que ceux qui rejettent la vérité “ peuvent même voter pour l’un ou
l’autre des partis politiques de la ‘ bête sauvage ’. (Révélation
13:1, 7) Certaines de ces âmes irrésolues se sont donc laissé séduire et
entraîner loin du droit chemin de la connaissance exacte par des gens qui
‘ leur promettaient la liberté alors qu’eux-mêmes étaient esclaves de la
corruption ’. — 2 Pierre 2:15-19 ”. Ces quelques lignes indiquent donc que ceux qui
participent à un vote sont ‘ irrésolus ’,
qu’ils ‘ se sont laissés séduire et
entraînés ’ et sont “ esclaves
de la corruption ”. En lisant cela, les Témoins auraient-ils pu penser
que cette position changerait un jour ?
Les Témoins
de Jéhovah obéissants sont ainsi décrits : “ ‘ Ils ne proposent ni n’acceptent de compromission. […]
Servir dans les rangs de l’armée, voter ou faire le salut à Hitler aurait
signifié que les prétentions de ce monde étaient supérieures aux devoirs envers
Dieu. ’ ” (La Tour de Garde,
1er septembre 1986, p. 21) Voilà qui montre clairement qu’un Témoin
de Jéhovah qui choisit de voter reconnaît que les prétentions de ce monde sont
supérieures à ses devoirs envers Dieu. Pour la forme, la Société Watchtower
demande aux Témoins de Jéhovah s’ils pourraient ‘ voter pour certains chefs politiques ou accorder leur soutien à
tel ou tel projet national, faisant un compromis, ce qui les disqualifierait
pour la course pour la vie et les amènerait à l’abandonner ’ (La Tour de Garde, 1er
décembre 1975, p. 721) Cette déclaration veut dire que si un Témoin de Jéhovah
vote, il ‘ fait un compromis ’
et est ‘ disqualifié pour la course
pour la vie ’, ayant ‘ abandonné ’
cette course. Un Témoin de Jéhovah accepterait-il de se mettre dans cette
situation ?
Enfin, La Tour de Garde du 15 mars 1974, dans
un article intitulé “ Chefs de la terre pour mille ans ”, décrit
ainsi les “ frères spirituels du Christ ” : “ Ils n’ont pas ‘ la marque sur le front et sur la
main ’. Autrement dit, ils ne sont pas identifiés à des esclaves de l’État
et ne lui accordent pas leur soutient dans ses activités mondiales, souvent
bestiales. Ils ne recherchent pas de charges politiques ni ne votent pour les
candidats à celles-ci. ” Cela veut-il dire, par conséquent, que si les
Témoins avaient jamais voté ils auraient reçu la marque de la bête et se
seraient identifiés à des “ esclaves de l’État ” ? Ils se
seraient ainsi associés non seulement aux dirigeants gouvernementaux, mais
également à Satan lui-même. La position de la Société Watchtower était que la
participation au vote est strictement interdite par Dieu. Ce point n’était pas
à discuter, jusqu’à la parution de…
Une question,
posée dans un article “ Questions des lecteurs ”, demande :
“ Comment les Témoins de Jéhovah considèrent-ils le vote ? ”
Bien que la réponse donnée par la Société Watchtower mentionne 5 facteurs
négatifs à prendre en considération, le ton général de la réponse indique qu’il
revient à chaque Témoin de Jéhovah de prendre personnellement sa décision.
Voilà qui est radicalement différent de la position inébranlable contre le
vote, position exprimée par la lettre et par l’esprit dans l’article sur le
Cameroun mentionné plus haut. L’article de 1999 déclare à six reprises qu’il
appartient à chaque Témoin de Jéhovah de prendre une décision personnelle pour
ce qui est de voter ou non lors d’élections politiques. Dans ce cas, pourquoi
tant de serviteurs voués de Jéhovah ont-ils dû souffrir physiquement au
printemps 1970 ? C’est la même “ conscience
éduquée par la Bible ” qui est invoquée et dont les Témoins de Jéhovah
doivent se servir pour ces “ décisions
qu’ils prennent personnellement ”. Qu’est-ce qui a changé dans
l’enseignement de la Bible au cours des 30 dernières années et qui donne
maintenant le droit de voter au Témoins de Jéhovah ? Les Témoins
Camerounais se seraient-ils soumis à cette persécution s’ils avaient su alors ce qu’ils savent maintenant ? Ceux qui ont souffert
au Cameroun savaient-ils que “ dans
des situations comme celle-là, qui relèvent de la conscience individuelle,
chaque chrétien doit prendre sa propre décision devant Jéhovah Dieu ” ?
Chaque Témoin de Jéhovah doit se demander si une chose pour laquelle il serait prêt à mourir aujourd’hui ne pourrait pas changer demain. Quelle tragédie pour ces Témoins de Jéhovah qui ont perdu des amis ou des êtres chers à cause des règles en vigueur autrefois au sein de la Société Watchtower, pour voir ces règles adoucies ou complètement abandonnées depuis 1999 ! Ces Témoins ont souffert pour rien ! Étant donné que le Dieu de la Bible ne change pas, il est évident que ces actions ne furent pas inspirées par le Dieu vivant et véritable, mais par les hommes pécheurs et faillibles qui dirigent la Watchtower Bible and Tract Society des Témoins de Jéhovah.
Keith et Betty Walker sont les fondateurs d’Evidence Ministries, organisme
missionnaire dont l’objectif est d’atteindre les Témoins de Jéhovah et les Mormons.
On peut les contacter à l’adresse suivante : Evidence Ministries, P.O. Box
792396, San Antonio, TX 78279 (U.S.A.), au 210-340-TRUE, ou encore à : keith@evidenceministries.org
Note du traducteur : Il est assez curieux
de constater que l’article “ Questions des lecteurs ” dont il est
question dans ce texte est absent de l’édition française de La Tour de Garde, alors qu’il figure
dans d’autres éditions francophones, comme celle du Québec. (Les ennuis de la
filiale française de la Société Watchtower avec le gouvernement n’y sont
peut-être pas étrangers.) Il serait intéressant de savoir si l’édition diffusée
au Cameroun ou dans d’autres pays d’Afrique francophone contient cet article.
Si oui, la question posée plus haut mérite vraiment d’être répétée : Les
Témoins camerounais se seraient-ils soumis à cette persécution s’ils avaient su
alors ce qu’ils savent (peut-être) maintenant ?